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Byron Kelleher

Fabian Frydman et David Bonnefous Saavedra

N’allez pas croire ce que tout le monde raconte ! Byron Kelleher n’a rien d’une star fantasque. Bien au contraire ! Le Néo-Zélandais savoure, aujourd’hui, sa vie toulousaine. Loin des strass du Super 14 ou des All Blacks, le demi de mêlée du Stade déguste une culture hexagonale qu’il ne connaissait pas. Une découverte dont il avait toujours rêvé.

 

Byron Kelleher

 

 

“La France, c’est très bon pour moi !” (en Français dans le texte) n’a aucun regret quand il parle de sa venue à Toulouse. D’ailleurs, il tient d’entrée à mettre certaines choses au clair. “Un All Black qui vient en France, ce n’est pas pour l’argent ! C’est parce qu’il aime ce pays. J’aurais pu gagner deux à trois fois plus en Angleterre ou au Japon”, insiste le n°9 néo-zélandais. A bien regarder son sourire radieux, on a vraiment aucun mal à le croire. Devant une petite assiette de foie gras, Byron est à l’aise et se laisse aller au jeu de l’interview. Pardon, au jeu de la discussion. Avec lui, pas de question, pas de réponse, simplement une réunion de camarades qui parlent rugby. “Je cherchais un nouveau challenge. Le mien est plus culturel que sportif. Je voulais absolument découvrir la France, apprendre votre langue. C’était quelque chose qui me tenait à coeur”, explique l’ancien joueur des Waikato Chiefs. Pari réussi puisqu’il est aujourd’hui intégré à 100%, et parle un français étonnamment correct pour un anglo-saxon arrivé il y a seulement six mois. N’en déplaise à Jane Birkin ! “Je prends des cours deux fois par semaine avec un professeur particulier. Il faut au moins cela pour que j’y arrive. Au début, ce n’était pas évident. Aujourd’hui, je commence à pouvoir parler. De toutes les façons, Guy Novès ne me laisse pas le choix”, explique-t-il modestement.

A Toulouse, Byron se sent bien, très bien, et retrouve, sur les bords de la Garonne, un état d’esprit proche de celui des All Blacks. “Les deux équipes sont vraiment similaires tant sur le plan du jeu que sur la mentalité. Ici, c’est comme dans un cercle ! Tout le monde est dedans, et si tu as un problème, tu règles cela en famille. Toulouse est ma famille maintenant !” Transféré à l’intersaison en provenance du Super 14, Kelleher reconnaît pourtant avoir mis quelques temps à s’acclimater, à gérer un nouvel environnement, une autre vie sportive et personnelle. “Le début n’a pas été simple, il m’a fallu deux mois avant de comprendre ce qui m’arrivait. Je me levais le matin avec une impression étrange. J’avais comme une énorme gueule de bois. Puis un jour, j’ai réalisé”, développe le Néo-Z. Cet étrange mal lancinant, le Toulousain lui a donc donné un nom : la défaite en Coupe du monde. “Pendant quatre ans, j’ai travaillé dur pour accomplir le rêve d’une vie. Après le Mondial, je ne suis pas rentré tout de suite. J’ai embrayé avec ma venue à Toulouse. Je n’ai pas pris le temps de faire un point.” Et c’est du côté du quartier Saint-Pierre, face à la Ville Rose, qu’il a posé ses valises pour se ressourcer, et retrouver les bases de son jeu : “J’ai dû visiter une vingtaine d’appartements en dix jours. Et je suis tombé sur celui-là. J’ai immédiatement su que c’était le bon. Le bruit de l’eau, la vue…

Quand j’ai besoin de réfléchir, je sors sur le balcon et je respire un grand coup…” Rien d’étonnant, car en bon Néo-Zélandais, Kelleher est un féru de grands espaces, mais plus généralement de nature. Il n’est donc pas rare de le voir une planche de surf sous le bras, sur les plages d’un coin paradisiaque de l’océan, ou… une ligne à la main sur les  rives d’un lac de la région. “Je pêche souvent, mais ici, j’ai un peu plus de mal à sortir des thons”, avoue-t-il en rigolant. Avant de reconnaître que c’est aussi pour sa proximité avec la nature qu’il a choisi Toulouse. “J’étais en contact avec Paris, mais je ne me voyais pas dans une ville aussi grande avec autant de béton. Je ne suis pas habitué à tant de monde, j’aime la discrétion. Vous m’imaginez perdu au milieu de millions de personnes ! ”

Considéré comme un dieu vivant dans son pays, il a ainsi pu trouver, dans les rues avoisinant le Capitole, une tranquillité à laquelle il aspirait secrètement.

“En Nouvelle-Zélande, on me passait le moindre caprice. Tout le monde épiait mes moindres faits et gestes. Ici, les gens sont respectueux. Ils t’encouragent, te félicitent… Mais ils essayent de ne pas te déranger, de ne pas empiéter sur ta vie privée.” C’est donc serein que Byron savoure sa vie française. Enfin, le peu de temps libre qu’il lui reste, puisqu’il ne se contente pas d’être l’un des meilleurs rugbymen du monde ou un ambassadeur pour ses différents sponsors, il le passe à défendre activement l’environnement.

C’est dans cette optique qu’il a lancé en Nouvelle-Zélande une société de recyclage, dont il continue de s’occuper malgré la distance. “Dès que je rentre chez moi, je me plonge dans mes dossiers de marketing. C’est quelque chose d’important qui sera sûrement l’une de mes principales activités quand j’aurai rangé mes crampons”, concède-t-il. Ensuite seulement, il s’offre un peu de bon temps et déambule dans les rues de la cité, où même les mémés aiment la castagne comme dirait l’autre, pour s’adonner à l’un de ses plaisirs : l’architecture. Entre la basilique Saint-Cernin, la place du Capitole et les petites rues historiques,  il découvre chaque jour l’histoire de sa cité d’adoption : “Nous sommes une jeune nation en Nouvelle-Zélande. Nous n’avons pas autant de bâtiments hétéroclites qui se suivent et ne se ressemblent pas. Ici, chaque rue est une île au trésor. Je peux rester des heures la tête en l’air à admirer un immeuble ou une église. J’adore ça.”

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Byron Kelleher

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