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Jean-Baptiste Elissalde

“L’aventure la plus forte de ma carrière”

Julien Vitry

Le demi de mêlée des Bleus ne veut rien regretter de cette Coupe du monde. Pour lui, la défaite face à l’Angleterre s’est jouée sur deux trois petits rien. Il préfère se souvenir des émotions uniques qu’il vient de vivre pendant un mois et demi.

Jean-Baptiste, comment avez-vous digéré cette Coupe du monde après la défaite contre l'Angleterre ?
C'est délicat de faire une analyse avec si peu de recul. Nous avons beaucoup discuté de cette demi-finale, mais je n'ai pas le sentiment qu'il y avait de la tristesse dans l'équipe. Nous avons fait tout ce que nous pouvions. La réussite nous a un peu manqué sur ce match, mais nous en avions eu beaucoup la semaine d'avant face aux Blacks. Nous avons manqué de maîtrise à certains moments de la partie pour pouvoir asseoir la victoire, notamment lorsque nous menions d'un point et que nous étions à cinq mètres de leur en-but. C'est là sans doute que ce match s'est perdu. Ce sont les seuls regrets tactiques que je peux avoir. Et puis nous avions laissé beaucoup d'influx la semaine précédente. On ne pouvait pas se laisser aller à un jeu entièrement débridé. Mais le coaching a été bon. Soyons clairs là-dessus, je défends les choix du staff d'avoir reconduit l'équipe.

Ce sont les joueurs les seuls responsables ?
Oui. J'adorerai vous parler pendant des heures de tactique, mais là le constat est simple. Lorsque vous perdez les trois ballons primordiaux de la partie en position de marque, vous pouvez dire tout ce que vous voulez, mais les conséquences sont là. C'est un match qui s'est joué à très peu de choses. Nous n'avons pas su saisir notre chance.

Vous pensez que le premier match perdu contre l'Argentine, avec les conséquences que cela a eu sur la suite de la compétition, a beaucoup joué sur cet échec final ?
On a bataillé fermement et laissé du jus pour rattraper cette défaite et laisser passer la déception. Ensuite, d'un point de vue très pragmatique, on a joué la Nouvelle-Zélande au lieu de jouer l'Ecosse... Ce n'est pas tout à fait pareil.

Vous y avez laissé beaucoup d'énergie face à ces Blacks ?
Je ne pense pas que l'on s'en soit rendu compte car la victoire nous a rendus très heureux. Nous étions fiers et prêts aussi à en découdre contre l'Angleterre. Mais inconsciemment, dans notre corps, dans nos jambes, dans notre influx, on y a forcément laissé des plumes. C'est évident. Peut-être que cela ne nous a effectivement pas permis de bien analyser certaines données du match pendant la demi-finale, notamment ces ballons très importants dont je vous parlais. Je l'ai senti sur les contres en touche ou face aux Blacks, nous parvenions à les gêner. Face aux Anglais, nous étions un peu comme un taureau qui a pris quelques piques et qui courbe l'échine.

Les Anglais étaient plus durs, plus forts que ceux que vous aviez joué précédemment en août ou encore cet hiver ?
Non ! Ils ont été simplement meilleurs que nous devant en mêlée et sur quelques ballons très importants qu'ils ont joués avec grande maîtrise. Et pourtant, nous sommes un point devant pendant 73 minutes et nous manquons même de tuer le match sur l'action de Vincent...

La suite dans XV Rugby (sortie le 30 octobre)

 

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