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Pascal Ondarts

Avis de Recherche

Julien Vitry

À Biarritz, il existe deux passages obligés pour tout amateur de rugby : Aguiléra pendant deux mi-temps et chez Ondarts, à l’extrémité sud de la station balnéaire, face au Port Vieux, pour la troisième. Une véritable institution. Celle d’un première ligne devenu l’un des piliers de la gastronomie du pays.

L'office de tourisme biarrot pourrait presque l'ajouter dans ses brochures des monuments et visites à ne pas manquer. Craints pour ses coups de gueule (et ses poings parfois mal placés en mêlée), Pascal Ondarts fait désormais partie du who's who de la ville. Un paradoxe de plus dans le rugby ? Non, une évidence lorsqu'on le croise au four et au moulin dans son restaurant, le Caritz. Là encore, Pascal Ondarts donne de sa personne. « Quand on aime aller au contact humain (ndlr : au propre comme au figuré), qu'y a-t-il de mieux que de monter un restaurant, servir les gens, faire des rencontres ? »

La reconversion a donc été toute trouvée. Le solide pilier de Méharin a réussi son après carrière, comme il avait brillé sur les terrains. Cinquante ans d'une vie bien remplie dont une trentaine à gratter des ballons. Et toujours à Biarritz ! La main sur le coeur, il raconte : « C'est un endroit que je ne voudrais jamais quitter. J'ai fait une dizaine de fois le tour du monde. J'ai été heureux à chaque fois de découvrir de nouveaux pays, mais j'ai toujours été encore plus content de revenir ici. »

L'océan, les amis, ses cinq frères et soeurs issus d'une famille attachée à la terre, ses deux enfants, tout ça, il ne pourrait s'en passer. Du BO non plus. D'ailleurs, il ne rate jamais un match à domicile et effectue même quelques déplacements en supporter assidu. « Je suis très proche du club. C'est comme ma seconde famille. » Une famille à qui il offre ses services, use de son entregent pour de futurs partenariats notamment. « C'est normal de rendre au rugby ce qu'il m'a donné. » Après 17 ans passés en tant que joueur, il se créé forcément un lien indélébile. De 1976 à 1993, Pascal n'a jamais quitté les Rouge et Blanc. Ou bien uniquement pour défendre à 42 reprises les couleurs du XV de France. Aux côtés de Daniel Dubroca, Philippe Dintrans... Il formait l'une des plus redoutables première ligne de l'histoire tricolore. Sous la férule de Jacques Fouroux, il peut aussi se targuer d'avoir disputé la première Coupe du monde et réussi un Grand Chelem dans le Tournoi des V Nations en 1987. Certains souvenirs de cette époque hantent d'ailleurs les murs du Caritz.

Pas rancuniers, ses anciens adversaires lui rendent régulièrement visite. « Qu'ils soient néo-Zélandais, Sud-Africains ou Anglais, tous les anciens qui viennent en vacances par ici passent automatiquement me voir au restaurant », confie l'intéressé. Et à 50 ans, Pascal Ondarts ne se formalise pas de cette notoriété persistante. Il pousse de temps à autre encore un coup de gueule mais garde surtout un regard bienveillant sur son club de toujours. Il suit aussi sans l'amertume des pessimistes l'évolution de son sport. « Le Top 14 était une nécessité pour avoir un jeu compatible avec le niveau international (...) Les investisseurs veulent du beau jeu mais aussi des résultats. » Il tire également son chapeau à Serge Blanco « qui tient la boutique à flot. » Un ancien, qui, comme lui, a laissé une partie de son coeur à jamais au BO et partage sans doute la même devise : « Mieux vaut marcher grouper que courir disperser. »

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